Tout cela n’est pas tout à fait vrai, mais çà n’est pas tout a fait faux non-plus.
Issue d’une dynastie impériale orthodoxe, l’Ethiopie est le seul pays d’Afrique qui n’ait jamais été colonisé. Et c’est une grande fierté. Cependant l’Italie a occupé e pays pendant 4 ou 5 ans (ainsi on mange beaucoup de pâtes dans tout le pays). Et pendant plus de 20 ans le communisme fera loi dans le pays. Actuellement le pays est sous un régime dictatorial. Pas étonnant que la population soit repliée sur elle même.
Nous avons passé la frontière Kenya-Ethiopienne le 26 juillet et nous avons quitté le pays le 1er septembre dernier.
Il ne faisait pas chaud au Kenya, mais autant dire qu’en Ethiopie nous avons eu froid. Ce n’est pas une bonne idée de venir découvrir un pays montagneux pendant la saison de la pluie. Mais l’aventure est ainsi faite. Ainsi, question température, nous avons eu le même été que vous.
Le temps de comprendre notre nouvelle monnaie : le beer, nous faisons connaissance avec notre nouveau petit nom : YOU. Ce n’est pas très poétique, mais c’est toujours mieux que Money-Money (qui remplace bien souvent le YOU en question). Nous prenons aussi conscience que la communication va être difficile. Il va nous falloir apprendre à parler et à lire l’amarique. Il n’en sera rien : trop compliqué. Et puis aussi, nous découvrons la nourriture locale… pas top, mais vraiment pas top du tout.
Et dans notre volonté de toujours mettre le cap au nord, dès la frontière, nous avons remonté la vallée du Rift. Une vue sublimissime qui ne nous fait regretter aucunement notre présence ici. Et nous comprenons aisément que le berceau de l’humanité ait choisi un tel paysage pour l’héberger.
Et c’est dans ce paysage unique que de bus en bus, nous allons de ville en ville. Au hasard et dans le désordre, je vous propose un petit tour.
A YABELLO,
Nous avons visite les Puits Barama. Ce sont des puits essentiellement creusés pour abreuver les bêtes. Le principe est de faire venir les troupeaux le plus près possible de l’eau. Ainsi de longs et larges couloirs à ciel ouvert sont creusés pour faire descendre les bêtes au plus près du puits. . Et les hommes descendent à plusieurs dans les puits pour trouver de l’eau. Et pour se donner du courage : ils chantent. Et comme la nature est bien faite, l’acoustique fait de cette corvée une très belle cérémonie. Et les touristes y vont de leur argent pour voir çà. Mais pas nous, parce que nous, on a attendu qu’il n’y ait plus personne pour nous faufiler près du puits.
A Wondo Genet près de ZIWAY,
Nous avons pris des douches avec de l’eau naturellement chaude. Il y avait une piscine aussi. Dans un pays où il n’est pas facile de trouver des chambres d’hôtel avec des douches chaudes, nous avons, Barbara et moi, particulièrement apprécié l’instant.
A AXOUM,
Nous avons parcouru beaucoup de kilomètres pour arriver là. Axoum est une ville historique qui se trouve tout au nord, presque à la frontière de l’Erythrée. Nous y sommes restées quelques jours. Nous avons visite beaucoup de sites historiques. Mais en Ethiopie, il n’est pas aisé de trouver un guide bien formé à l’histoire de son pays et qui de surcroit parle l’anglais couramment (comme moi…). Donc, nous allons de tas de cailloux en tas de cailloux, de stèles en stèles, au demeurant superbes, mais nous ne comprenons pas très bien ce qui a bien pu se passer dans les lieux. Notre “petit futé” n’étant pas très bavard sur la question. Nous savons cependant que cette ville héberge le berceau de la plus grande civilisation éthiopienne. Nous tentons de rentrer dans l’église de la ville. Mais notre couleur de peau indique que nous devons payer pour çà. Nous ne saurons pas ce qui se passe dans cette église.
Nous avons eu beaucoup de difficulté dans nos relations avec les gens. Les Ethiopiens sont très centrés sur eux même. Ils ne savent pas ce que c’est que le tourisme. Ils ont envers les blancs une certaine médisance. Le blanc est riche, il doit payer cher et il doit payer pour tout. C’est assez déconcertant, parce que nous n’avons jamais pu avoir des rapports de confiance avec eux. Rien n’a été simple dans nos transports et nos hébergements en général.
A GONDAR
Nous avons eu peur de ne jamais y arriver. En effet, la route se dessine à travers des paysages sublimissimes. Je vous le rappelle, nous sommes dans un pays montagneux pendant la saison des pluies. Nous sommes à près de 4000 mètres dans un bus préhistorique. Ainsi notre montée est périlleuse et le chauffeur, dans un lacet, ne prend pas son virage suffisamment large. Le bus se retrouve les roues avant sur la route du haut, les roues arrières sur la route du bas. Pas très confortable comme position. Nous ne sommes pas très en confiance et tout le monde se jette dehors tant bien que mal, y’en a même qui passent par les fenêtres! Plus de peur que de mal. Mais beaucoup de peur quand même. Et nous attendons deux heures que les hommes dégagent patiemment le bus (en France on aurait appelé une dépanneuse et porté plainte contre la compagnie). Nous sommes reparties pas très à l’aise et quelqu’un a fait la quête pour l’Eglise. Ca rassure!!!
A Gondar, autre cite historique, il y avait un château en ruine et puis aussi une très vieille église Orthodoxe. La majorité des gens sont orthodoxes en Ethiopie. Mais encore une fois, il est bien difficile pour nous de comprendre les coutumes religieuses. On dit qu’il y a 200 jours de jeunes.
A BAHAR DAR,
Il y a un lac : le lac Tana. Il est connu parce qu’il héberge des iles qui sur lesquelles se trouvent des monastères (orthodoxes bien entendu). Il y a environ 20 églises ou monastères sur le lac. Nous en visiterons 4 ou 5, c’est bien suffisant pour se faire une idée. Il y a là encore des moines. Mais nous avons eu le sentiment qu’ils étaient la essentiellement pour les touristes. Curieuse découverte que ces lieux de cultes si retirés du monde et qui pourtant, en leur temps, avaient de grands pouvoirs politiques.
De là, nous sommes allées voir les chutes du Nil bleu (qui est marron). çà ne vaut pas les chutes Victoria surtout qu’ils ont construit un barrage. Mais elles restent tout de même très impressionnantes.
Et puis LALIBELA,
Si un jour, vous allez en Ethiopie, il ne faut pas manquer Lalibela. On dit que cette petite ville recèle l’un des plus fascinants héritages architecturaux de toute la chrétienté. En effet, nous avons découvert là, des églises creusées dans le roc. Ainsi, lorsque vous cherchez une église a Lalibela ne levez pas les yeux, cherchez plutôt vers le bas et faites attention ou vous mettez les pieds. En fait, elles ont été sculptées de haut en bas. Un mystère entoure la réalisation de cette œuvre, encore de nos jours. Un chef d’œuvre architectural gigantissime qui vaut à Lalibela le titre de Nouvelle Jérusalem.
A ADDIS ABEBA
Addis c’est la capitale. Elle a un petit air provincial. Nous n’avons pas vraiment aimé l’endroit mais la ville vaut le coup d’œil.
A savoir : L’Ethiopie vit à l’heure du calendrier Julien. C’est à dire que nous sommes ici en 1999 (7 ans et 8 mois d’écart avec nous). Autant dire que nous avons pris un sacré coup de jeune. Et le 11 septembre, ils ont fêté le millénaire. Ils sont entrés dans l’an 2000. Et pendant notre séjour nous avons pu constater les préparatifs. Ainsi à Addis, les prix des hôtels ont augmentés considérablement. Les façades ont été repeintes, la ville a été décorée. Et l’ambiance était vraiment à la préparation de la fêté.
A addis donc, nous avons été rendre visite a notre ancêtre Lucy. Il semblerait qu’il lui manque l’un ou l’autre bras ou l’une ou l’autre jambe. Mais nous l’avons trouvé plutôt en forme pour son âge. Ha … le berceau de l’humanité…
Et puis nous avons visité des ambassades. Celle de France qui, grâce à l’aide du carnet d’adresses d’un ange gardien, nous a ouvert la porte du cabinet du Consul de France. Et grâce à cela, à l’ambassade du Soudan où nous avons obtenu, en deux jours, un visa d’un mois (au lieu de 14 jours). Et puis nous avons trouvé et non sans mal, l’ambassade du Mali et obtenu notre visa en deux jours également. Ainsi nous étions parées pour affronter le régime dictatorial Islamique Soudanais. Et nous avons repris la route vers le nord (Gondar) pour entrer au Soudan le1er septembre.
Et nous devons avouer que nous avons laissé derrière nous l’Ethiopie et son millénaire sans trop de regret. Mais pour ma part, je suis bien curieuse de savoir à quoi ressemble l'Ethiopie sous le soleil et je reste sur ma faim, parce que je suis persuadée que nous n'avons pas eu l'occasion de rencontrer les gens qui font réellement de l'Ethiopie un pays attachant.
Merci à vous de votre fidélité dans le suivi de nos récits. Et nous espérons que les photos sur le blog vous donnent une petite idée de ce que nous découvrons.
Suite au prochain épisode…..
Bien à vous
Benedicte |