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Madagascar - Tana
de Bénédicte, le 02-03-2007

Impressions

A Madagascar, nous avons été reçues par les "Fanilon I Madagasikara" (Association de scoutisme des Guides Malgaches). L’accueil a été particulièrement chaleureux et l’organisation exemplaire. Pendant 28 jours nous avons été escortées par des fanilons dans tous nos rendez-vous et toutes nos découvertes.

Qu’il est difficile de raconter Madagascar, il est bien plus facile de la vivre. Mais je vais tenter l’exercice en espérant vous donner l’envi de venir la découvrir un jour.


Madagascar est en Afrique, mais ce n’est pas l’Afrique, comme l’aiment à dire tous les Malgaches. En effet, elle est une île qui fait d’elle un continent à elle toute seule. Influencée, évidemment par son passé colonial français, indépendante depuis 1960, on peut la qualifier d’île « Afro Asiatique ». La plupart de la population est venue d’Asie et les malgaches cultives le riz et en mangent trois fois par jour (pour nous : ça fait un peu beaucoup).

A Madagascar la terre est rouge vif et la nature est dense et verdoyante. Ce qui donne aux paysages des couleurs particulièrement riches et éclabousse vos yeux de beauté et de merveille. Il est difficile de croire que sous autant de richesses naturelles se cache l’un des pays les plus pauvre au monde.

Ici, nous sommes des Vasaha. Tous les blancs le sont d’ailleurs. Pour les enfants, nous sommes une attraction et pour tout le monde nous sommes le symbole de la richesse. Nos déplacement sont donc accompagnés de « bonjour Vasaha » scandés par les enfants et de « Vasaha, c’est moins cher » par les vendeurs de tout ce qui peut être acheté.
C’est parfois oppressant, mais on s’y fait.
Mais il arrive parfois et surtout en brousse, là où les vrais Vasaha ne viennent jamais, que notre couleur de peau fasse pleurer les enfants. Dans ces moments là je voudrais être noire.

Nous sommes arrivées à Tananarive sous la pluie. C’est normal, c’est la saison et celle des cyclones aussi. Nous avons évité ces derniers en revanche la pluie nous accompagne chaque jour. Et quand il pleut à Mada, ce n’est pas pour rire. Mais soit ! Nous avons de bons Kway. Et puis nous savions tout ça à l’avance. En un an on ne peut pas toujours être au bon endroit au bon moment.

A Tana nous logeons dans un studio appartenant aux Fanilons. C’est super bien situé dans la ville, nous avons une pièce avec 2 lits et une table, et puis une cuisine et une petite salle de douche. ( La photo de la page d'ccueil du blog a été prise dans le jardin situé devant la maison). C’est super. Il faut juste s’habituer aux douches froides et ne pas oublier de remplir son seau pour aller aux toilettes. C’est situé tout en haut de la ville, il ne faut donc pas oublier de faire les courses avant de rentrer, la cote est plutôt raide et Tana est une ville très polluée.

Outre Tananarive, où nous avons eu beaucoup de rendez-vous, nous avons fait trois virées :

Dans le Nord Est où il pleut 10 mois dans l’année.

Avant d’arriver à destination, nous avons visité un parc national pour rencontrer les lémuriens. On ne peut pas venir à Madagascar sans les rencontrer. Ce n’est pas possible. C’est assez sportif comme excursion, mais nous ne reviendrons pas bredouilles. Belles rencontres.
Et ce qui devait arriver un jour, est arrivé : LA rencontre avec un boa. Il se prélassait là dans l’herbe, tranquille sous la pluie. Et notre guide nous le présente. Notre escorte Fanilon et moi-même, courageuse et téméraires sommes parties en courant, Barbara, un peu moins aventureuse c’est laissée charmer et a saisie l’animal. Je suis quand même revenue pour prendre la photo ! Un peu crispée, Barbara sur la photo. Il en a été de même pour le caméléon qui a suivi.
Nous sommes allées à Tamatav puis un peu plus loin au nord sur la côte à Foulpointe (la côte d’azure locale). C’était notre première découverte de la brousse et notre escorte avait décidé de nous faire goûter sur la route toutes les spécialités malgaches, notamment les fruits et légumes inconnus du plus commun des européens. Il suffit juste de se lancer. Mais c’était un peu trop, de plus nous prenons soin de nos estomacs avec beaucoup d’attention.
A Tamatav et partout ailleurs nous avons logé chez l’habitant. Ici, nous avons dormi à trois dans un lit (l’humidité dans les maisons en bois et en toit de tôle, ainsi que les petites bêtes en tout genre ne donnent pas envie de dormir par terre). Les toilettes sont dans la coure, il suffit de ne pas oublier son seau, il en va de même pour la douche (le matin il y a de l’eau chaude dans le seau) et la cuisine se fait sur des petits braseros, dans la coure toujours.

Nous avons rencontré évidemment les fanilons qui nous ont fait faire le tour de la ville ainsi que du port et nous avons visité un centre d’handicapés.
Presque toutes les rues sont inondées. Imaginez aussi que dans cette ville les ordures ne sont pas ramassées.
Et nous avons pris la route de Foulpointe : ça c’est de l’aventure. Avant d’arriver à destination, il faut traverser une rivière à l’aide d’un pont flottant. Mais faut-il encore qu’il flotte ! Heureusement notre chauffeur est très doué. Nous descendons de notre 4/4 et attendons patiemment que les taxis brousse bloqués au milieu du pont (qui ne flotte plus) et poussés par une vingtaine de gars nous libèrent la route. Nous traversons à pieds et en équilibre sur le bord du pont tandis que nos amis choisissent la pirogue. Notre 4/4 réussira son passage avec brio.

Juste un peu au nord de Tana dans le centre développement des Fanilons

Heureusement le 4/4 est toujours là (il appartient aux Fanilon , il doit avoir 30 ans) parce que la route n’est pas top. Et les pistes quand il pleut, c’est un peu difficile à pratiquer.
Le centre de développement fait vivre 6 familles. C’est impressionnant. Ils ont ici des rizières et toute sorte d’agriculture, il y a aussi des bovins. Ils font de la pisciculture et de l’apiculture.

Nous avons aussi rencontré les femmes rurales. Se sont des femmes qui dans les villages alentours ont monté des associations pour échanger leurs expériences et se former afin d’améliorer leur quotidien. Et puis un jour, elles sont venues au centre demander de l’aide surtout en formation. Elles sont extraordinaires ses femmes. Pour nous rencontrer, elles ont fait Jusqu’à 7 kilomètres les pieds dans la boue, et nous avions rendez-vous à 9 heures du matin. Elles ont une vie difficile, mais elles ont une volonté acharnée de faire avancer le monde, leur monde ! Et ça marche, elles se forment, elles travaillent beaucoup, elles sont solidaires, elles y croient. Elles sont évidemment encouragées par leurs époux. De toute façon, ils n’ont pas le choix.
Nous avons eu droit à un beau cadeau, fruit de leur travail : 10 kilos d’oignons !

Dans le sud ouest où il fait très chaud

Pour aller à Tuléar, nous avons pris le Taxi Brousse. C’est aussi une aventure qui renforce votre foi….en la mécanique ancestrale de messieurs Peugeot, Toyota et leurs copains. Et nous sommes accompagnées de Marthe, la responsable générales des Fanilons de Madagascar.
Nous partons à 15 heures et nous arriverons au ¾ du parcours le lendemain à 7h. Nous nous arrêtons à Isalo, un parc national magnifique. Nous marchons pendant 6 heures. Et nous découvrons dans les collines et les montagnes des coutumes surprenantes. Notamment, le retournement des morts. Je n’imaginais pas que ça existait vraiment, nous l’avions pourtant lu dans notre guide.
En fait, quand quelqu’un décède dans une famille, on place son corps dans un cercueil et on le met en attente dans un tombeau dans une grotte refermée par des pierres en montagne. Et on attend 3, 4 ou 5 ans ! Le moment venu, toute la famille se rassemble et récupère les os du défunt pour les placer dans un linceul en soi sauvage, pour ensuite l’emmener définitivement dans sa dernière demeure. A Isalo, c’est dans une faille d’une montagne, pour d’autres ethnies il y a des caveaux familiaux. Partout c’est une énorme fête familiale où bon nombre de Zébus sont tués. Marthe nous montrera chez son frère des photos du retournement de son grand père. Je reste dubitative !
Et nous reprenons la route à 15 h, nous serons à Tuléar à 19h. Et nous sommes KO.

Nous logeons chez le frère de Marthe. IL est commissaire de police. Evidemment une escorte de Fanilons nous est attribuée et nous visitons tout ce qui est à visiter à Tuléar surtout les marchés. Et c’est aussi les pieds dans l’eau que nous traversons la ville. Il fait chaud, non, il fait très chaud à Tuléar, environ 35°. Heureusement la douche et froide. Nous prenons 3 à 4 douches par jour.

Nous avons là, pas mal de rendez vous avec des autorités locales, nous sommes intéressées par leurs propos sur le problème de l’eau.
Nous rencontrons pas mal de congrégations et un prêtre assomptionniste nous propose une virée en brousse, dans des villages où l’eau n’existe presque pas.
Nous découvrons une réalité difficile. Mais un prêtre Vasaha passé par là il y a quelques années a eu l’ingéniosité de permettre à son église de donner un peu d’eau au village. Il a fait installer des gouttières à toutes les églises et fait construire des citernes à leur pied. L’eau est ainsi récupérer et stockée. Le seul problème, les habitants, même s’ils conservent cette eau comme un trésor, ne savent pas entretenir les citernes ou les réparer quand il y a des fuites ou même quand une gouttière est endommagée.


A Madagascar nous devenons végétariennes. Imaginez des marchés regorgeant de fruits et légumes mais vous suivez les allée les pieds dans l’eau ou dans la boue et quand plus loin vous traversez les étales de viandes et de poissons, et bien, vos estomacs restent dubitatifs voir sceptiques sur la méthode de digestion de ce genre d’aliments.
A chaque repas, notre objectif est donc d’éviter la viande et le poisson en mangeant le moins de riz possible. Pas toujours facile, mais nous nous défendons assez bien.
La spécialité malgache est le riz sauce : une montagne de riz dans une assiette à soupe avec dans une coupelle du poulet (et tout le poulet, des pattes jusqu’aux entrailles), du zébu ou autre avec de l’eau colorée ou une sauce. Ils boivent l’eau de riz aussi, celle qui a servi à faire cuire le riz. Nous on n’aime pas l’eau de riz.
A Tuléar nous avons été invité à déjeuner dans une famille plutôt aisée, et nous avons eu droit à de la Tortue. Barbara, courageuse et téméraire mais surtout curieuse c’est laissée tenter. Pour ma part j’ai laissé passer la plat et opté pour le bœuf aux lentilles.

A Tana, nous avons eu une vie très pieuse. Notamment le jour de l’arrivée de la croix des JMJ, où nous avons assisté à une célébration pendant 5 heures de temps. L’église était bondée, il y avait du monde à l’extérieur aussi. C’est aussi une leçon pour nous françaises que de voir et d’entendre les malgaches chanter et prier avec une ferveur incroyable. C’était presque du spectacle : des danses, des louanges, des prières, des chants et des prosternations ont rythmé se moment unique. Il a fait très chaud, mais nous avons eu l’impression de prendre une leçon. La foi ici, guide le pays.

Nous avons eu beaucoup de rendez-vous avec des personnes éminentes, je laisse le soin à Barbara de vous raconter ce que nous avons appris dans une future et non moins proche News letter.
Pour ma part, je crois que dans un pays comme Madagascar, il est difficile de croire dans les chiffres ou de les faire parler. Par exemple, le chiffre officiel du taux de scolarisation est de 96%. Mais en voyageant à travers le pays, nous avons rencontré beaucoup d’enfants qui n’allaient pas à l’école et ce, même dans les rues de Tana. Aussi, tous les enfants à Madagascar ne sont pas recensés.
Et pourtant ils font des efforts grâce à la banque mondiale qui finance les projets et les programmes de scolarisation.

Enfin, permettez moi de rendre hommage à mon Oncle maternel, le docteur Jacques VAN MECHELEN, décédé le 1er février dernier à Genk en Belgique. Parce que choisir l’aventure c’est aussi accepter d’être ailleurs quand on voudrait être près des siens. Mais Madagascar apaise les peines et tous les Malagaches que nous avons rencontrés nous ont donné une belle leçon de vie.

Quand on vient pour la première fois à Madagascar, on y revient toujours une deuxième fois. On nous avait prévenu dès notre arrivée. C’était donc vrai.
Nous reviendrons !

Bonne continuation à vous tous et merci de votre lecture.

Bénédicte

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