Nous ne sommes pas contre les expériences du genre, mais la route nous appelle, nous la prenons donc et c’est a bord d’un bus antique que nous allons à Beira au Mozambique. Nous commençons à avoir l'habitude de ces transports mais ca ne les rend pas plus confortables.
BEIRA
Beira est la deuxième plus grande ville du Pays, elle est située sur la cote.
La route a été longue, même si notre passage au poste frontière n’a pose aucun problème. Nous sommes arrivées à 22h à Beira et avec l’aide d’un passager très sympa, nous trouvons un hôtel. Et très vite nous comprenons qu’il va falloir apprendre le minimum vital en Portugais si nous voulons manger et dormir pendant notre séjour.
Le lendemain, décidées à trouver un logement moins bruyant, nous nous aventurons en ville. Et là, nous avons la terrible sensation d’arriver âpres la bataille.
A ce detail près que la bataille en question est terminée depuis octobre 1992. Après une très longue confrontation pour acquerir l’independance en 1975, le Mozambique a connu la guerre civile, et notamment dans le nord du pays. Cette guerre a dure 17 années. Et depuis tout est reste en l’état sans compter les dégradations dues au temps qui passe. Il y a trois universités dans la ville dont une qui porte le nom de J. PIAGET (amis français : COCORICO!, et souvenirs d’amphi : bonjour!)
Nous sommes donc perdues dans les rues quand un jeune homme parlant l’anglais vient nous sauver. Il nous aide à trouver un nouvel hôtel et à nous repérer dans la ville. Il s’appelle Daniel.
Nous le retrouverons autour d’un verre de bière le lendemain.
Daniel est un jeune homme de 25 ans qui travaille au service de l’armée américaine. Il déteste l’Amérique et son président, mais avec ce job, il peut gagner beaucoup d’argent pour se payer ses études après. En fait, il est démineur et à l’heure où j’écris ces lignes, il doit être dans un champ de mines en Afghanistan pour nettoyer ce que les américains ont eux mêmes semé. Il se promet que cette mission de deux ans sera la dernière. Mais moi, je ne voudrai pas être la maman de Daniel.
Alors que nous discutions avec lui, un autre compagnon (celui ci douanier) s’inquiète qu’à 25 ans il ne soit pas encore marié avec des enfants. Devant notre étonnement de cette remarque, il nous explique : “vous comprenez, vous en Europe, vous avez le temps de construire votre vie, de faire des études, de trouver du travail et un logement…, nous, nous ne pouvons pas, a 35 ans, on est mort!”
L’espérance de vie au Mozambique est de 40 ans (selon notre guide, c’est sans doute moins élevé aujourd’hui à cause du HIV).
Je me demandais alors, pourquoi nous passions notre vie a courrir puisque nous avions le temps, alors qu’ici, ils prennent le temps en toute chose alors qu’ils n’en n’ont pas (????)
CAIA
Sur ces réflexions, le lendemain nous reprenons la route : direction l’ile du Mozambique.
Mais la route est longue. Et 100 kilomètres après Beira, nous devons changer de taxi. Et alors que nous négocions avec l’un d’eux, une voiture de la croix rouge passe…..
Et Barbara, qui depuis Harare a intégré le fait que croix rouge était synonyme de “Françoise” donc de “ami”, c’est mise à courir jusqu’a elle, évidemment accompagnée de tous les vendeurs de ce qui peut être acheté. J’en ai conclue que Barbara outre ses capacités de marcheuse, avait aussi des talents de sprinteuse.
Ainsi, grâce ces nouvelles capacités révélées, nous voilà parties pour 300 km à bord de la dite voiture, conduite par un chauffeur ne parlant que le portugais.
Et voilà Caia. Imaginez pas grand chose au milieu de nulle part. C’est un tout petit village situé à 5 km du Zambeze. Nous trouvons tout de même un petit hôtel ou nous retrouvons nos douches à la malgache.
En fait, pour vous dire la vérité, à Caia, il y a le monde entier. Toutes les organisations humanitaires internationales sont là. C’est ici que se trouvent la majorité des victimes des inondations du Zambèze qui ont eu lieu en février dernier.
Nous nous présentons au bureau de la Croix Rouge, évidemment tout le monde connait Françoise : elle est leur chef! Quelques minutes plus tard, nous sommes en route avec Stefan, pour une visite des camps.
C’est, il faut le dire, assez impressionnant et l’organisation ne l’est pas moins. Stefan nous explique le fonctionnement de chacun d’eux et nous présente aussi une station de purification de l’eau.
C'est à flux tendu que ça se passe.
L’eau est puisée dans une rivière, puis stockée dans une sorte de grande piscine et de là, elle passe dans la station de purification, elle est filtrée et nettoyée au chlore et autres produits, pour ensuite remplir d’énormes poches de 10 000 litres environs. Poches que nous retrouvons dans la foulée au milieu des camps. 15 litres d’eau par jour et par personne.
Je ne suis pas scientifique, je n’ai pas compris toutes les explications techniques données en anglais, mais je sais que l’eau c’est la vie et que pour çà, la technique est absolument géniale, le sourira des enfants venant a la pompe en est le meilleur témoignage.
NACALA
Et le lendemain, la route continue. Nous rejoignons le Zambèze à l’aide de trois vélos taxis (2 pour nous, 1 pour nos sacs). Et alors que nous négocions un taxi pour la suite, Johan, un Sud Af’ m’explique qu’il va a Nampula et que si on veut il y a une place devant et une dans le coffre du Pick up. Nous traversons le Zambèze avec le bac et nous embarquons. Nous parcourons ainsi 900 km avec lui en deux jours. C’est pas Beau la vie!
Il faut dire que nous ne sommes pas très emballées par la population au Mozambique, peut-être est-ce la barrière de la langue. Mais nous trouvons la population masculine très agressive et particulièrement irrespectueuse des femmes et de leurs enfants. Y’aurait pas un homme parmi vous qui pourrait venir leur expliquer que c’est fragile une femme, surtout quand elle porte la vie? Et elles portent toutes la vie, que ce sois dans leur ventre ou dans leurs bras et bien souvent les deux.
Et Johan nous dépose à Nacala chez Arthur, un de ses amis propriétaire d’un Lodge. Vue sur la mer, plage, paysage superbe et poissons frais sont au programme. Nous resterons là deux jours.
L’ILE DU MOZAMBIQUE
Nous y voila enfin. Ce n’est pas que la route ai été longue mais le pick up, ce n’ai pas très confortable. D’autant que là où l’esprit européen s’arrête à penser qu’une place est pour une personne, l’esprit africain, lui, beaucoup plus optimiste et accueillant pense que tant qu’il y a du monde dehors, il y a de la place dedans. Vous n’imaginez pas combien de place il peut y avoir à l’arrière d’un pick up. Nous non plus d’ailleurs, nous ne comptons plus.
Les routes sont jalonnées de termitières de 3 mètres de haut en moyenne et de baobabs de 2 mètres de large…. en moyenne, nous en profitons donc, pour en prendre plein la vue.
L’ile du Mozambique est la première capitale du Mozambique. Et nous n’avons aucune peine à imaginer, en fermant les yeux, les fastes et la richesse d’antan. Mais tout est à l’abandon, dégrade par le temps et la mer. Elle ressemble à une ile fantôme et pourtant, 16 000 âmes vivent là. Toutes entassées au milieu de l’ile dans des maisons qui se veulent traditionnelles, alors que des bâtiments gigantesques et témoins du passé, trônent tout alentours.
Il y a au bout de l'ile un fort qui surplombe la mer. Et à notre grande surprise, il habite une école secondaire en son sein. C'est une image assez étrange : des salles de classe dans des ruines. Mais l'ile est classée patrimoine mondiale de l'Unesco, et le fort va être restauré grâce à un don des japonais. Alors une nouvelle et belle école ouvrira ses portes dans quelques mois. Ainsi le fort pourra être restauré.
Nous visitons l’ile pendant deux jours et reprenons la route. Nous repassons chez Arthur en attendant le jour du train qui nous emmènera vers le Malawi.
VERS LE MALAWI
Et le jour du train arrive, le départ est prévu à 5 h et il part à 5h! Notez que les jours de départs nous sommes toujours très matinales (aujourd’hui ca tombe bien, notre hôtel était du genre insalubre, voire absolument infecte).
Au bout de 10 heures de train nous arrivons à Cuamba, à 130 km de la frontière du Malawi. Le temps de déposer nos sacs dans un hôtel et nous partons à la découverte de la ville. Il parait que c’est une ville étudiante. C’est difficile de reconnaitre un étudiant en Afrique. La population est tellement jeune que nous sommes surprises quand noud croisons une personne âgée. Mais notre plus grande surprise est de découvrir un panneau : Nampula 331km. Nous avons effectué 331km en 10h de train!!!!! So! It’s the african time!
Pas grave nous arrivons le lendemain à la frontière du Malawi couvertes de poussière rouge, sous la pluie et en vélo taxi pour effectuer les derniers 10 km. Et c’est sans encombre que nous la passons, pas besoin de visa, à notre grande surprise. Cool!
Quelques pick up plus loin, tous aussi peuples qu’au Mozambique, nous arrivons a Cape Maclear. Un village du bout du monde situe au bout d’un cape (comme son nom l’indique) sur les bords du lac Malawi.
Et la, nous pensons beaucoup à vous….
Nous nous baignons allégrement dans le lac pendant 3 jours. Nous trouvons même une télévision dans un hôtel voisin du notre tenu par une française, pour suivre avec vous le premier tour des élections.
Nous sommes à présent à Lilongwe, la capitale, et notre agenda déborde de rencontres….. Suite au prochain épisode.
En espérant que l’idée de faire vous faire vivre un peu de nos découvertes soit réelle, je vous embrasse et vous dis a bientôt, ou peut être un peu plus tard.
Benedicte
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